Un amour fictif

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vendredi 05 juin

Coraline, de Henry Selick, adapté d'un livre de Neil Gaiman

 

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J'ai eu l'occasion de voir le film Coraline en relief, à l'avant première qui a eu lieu à Pantin, dans le cadre de l'animation dimension 3, le 3 juin.

Ce film a été écrit d'après un texte original de Neil Gaiman, que je n'ai eu l'occasion de lire. C'est un superbe film. Il est très imaginatif à la fois visuellement et scénaristiquement. Il regorge littéralement d'idées. Je vous donne le synopsis complet (spoil !)

 

Une fille pousse une porte secrète de sa nouvelle maison, et découvre une vie parallèle. Dans cette vie, ses parents sont attentionnés ; ces vrais parents ont d'autres occupations. Coraline, car c'était elle, va tout d'abord être charmée de tant d'attentions. Après des péripéties toutes plus joyeuses les unes que les autres, elle ne voudra pas qu'on lui couse des boutons à la place des yeux. Elle vas alors découvrir que cette vie parallèle est une chimère, et que sa nouvelle mère est en fait une sorcière qui veut lui prendre son âme. Elle va réussir à s'y échapper. De retour à la vie normale, elle va se rendre compte que ses parents ont disparus, enlevés par la sorcière... Elle va devoir retourner dans sa vie parallèle, récupérer les yeux des fantômes qui ont déjà été capturés et dépecés par la sorcière, récupérer ses parents, et empêcher la sorcière de nuire à jamais.

Je n'ai globalement pas de critique négative à faire. Je précise que je n'ai pas plongé plus que ça dans le film. Sur la fin, surtout, deux choses me chiffonnent. Du point de vue de l'écriture, je trouve dommage que la fin mette tant de temps à arriver. D'un point de vue plus plastique, je reviendrais ensuite sur mon ressenti des fantômes.

Tout d'abord la fin.

Comme je l'ai écrit dans le synopsis, on passe d'une sous-intrigue à une autre, et finalement, ce qui avait fait notre émerveillement au début s'estompe peu à peu. Je trouve cela d'autant plus dommageable que la réalisation conserve la même maestria. Il paraît que le script de Henry Selick est très proche du texte original*. J'ai vu The Mirror Mask, de McKean, d'après un scénario de Gaiman, qui m'a semblé lui aussi manquer d'énergie sur la fin.

Les sous intrigues s'enchainent sur la fin. Ce n'est pas tant le fait qu'il y ait tant de sous-intrigues qui surgissent, mais le fait qu'elle soient aussi décousues. Par exemple, il me semble que celle qui consiste à sauver les parents arrive comme un cheveu sur la soupe. Pourtant, c'est très bien réalisé, et cette sous-intrigue est nécessaire ! Nécessaire car une fois que l'héroïne a résolu son passage à l'adolescence, il lui faut éloigner cette mauvaise image de ses parents et ramener la bonne à la maison. C'est, je crois un problème d'annonce de l'intrigue : Mais était-ce parce que je m'y attendais que je n'ai pas aimé ? Était-ce parce que j'avais un préjugé sur ce genre d'intrigue (allez, l'enfant qui doit sauver les parents : les gosses vont adorer) ? Était-ce la façon dont la nécessité de la sous-intrigue fut amenée ? Même après trois jours de méditation, j'ai du mal à donner une réponse. Peut être est-ce simplement le 'jeu' de la marionnette ou le doublage français qui posait problème... Il faudrait que je revoie ce film... et je le reverrais avec joie.

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D'un point de vue plus plastique, à présent : Il y a, je pense, le manque (?) d'imagination quant à la texture des fantômes. Avant de m'expliquer, il faut replacer le film dans son contexte. Coraline est un film pour enfant. Par suite, les thèmes développés les touchent : le rêve merveilleux, la vie parallèle avec des parents attentionnés, le chat qui parle, la figure de la sorcière qui n'est que la personnification de l'égoïsme de l'enfant, ainsi que l'enfant qui fini par sauver ses parents. Je serais tenté de faire remarquer que le rôle principal est donné à une petite fille et non un petit garçon (mais n'allons pas plus loin). Mais si ce film reste visible par des enfants, il y est aussi d'autres thèmes : si l'on met les deux mères (la vraie et la sorcière) en confrontation, on voit émerger le thème plus adulte de la culpabilité de ne pas s'occuper de sa fille...

Revenons en à nos revenants.

Ce sont des fantômes... blanc. Le manque d'imagination qui les caractérise en fait presque des antithèses de personnages. Je vais développer rapidement le point de vue plastique, avant d'observer leur caractérisation.

Ces fantômes blanc, un peu volant, un peu translucide ont tout à envier au personnage de la sorcière qui a été créé avec une invention totale : c'est un personnage créé à partir d'aiguilles à tricoter. Une foule de détail nous touchent et nous font rêver. Les fantômes, non. Je ne suis pas professionnel de la 'stop motion' et je ne sais si ça pourrait être faisable, mais en sortant du film, je me suis dit que s'ils avaient été uniquement une peau, sans le rembourrage qui en fait une peluche. Enfin, c'est toujours facile de critiquer une fois le film sorti. Ça sort en outre de mon domaine.

La caractérisation des fantôme est fade. Ils sont trois, ils ont été fait prisonniers par la sorcière l'un après l'autre, depuis au moins deux générations, si ce n'est plus. On ne les vois que deux fois une minutes. Ils nous donnent deux informations : l'identité de la sorcière et ce qu'elle fait des yeux. Ils donnent une direction au récit : retrouver les yeux. Puis, on les reverras en anges, une fois que Coraline aura récupérée les yeux. Ils lui donneront, si mes souvenirs sont exacts, la mission de récupérer ses parents, ou une récompense, j'ai oublié... ce passage ci ne m'a pas non plus accroché.

Bien sur, la sous-intrigue des yeux permet de réutiliser les décors : Coraline voit les lieux à présent comme des 'iles des plaisirs' de Pinoccio.

Au fond, ce film ne m'a touché que du point de vue de sa richesse visuelle. Je n'ai pas été accroché par les thèmes développés. Lorsque le chat s'est mis à parler, nous étions alors dans la vie parallèle, et il fallait donc qu'il parle, pour qu'il 'forme' Coraline, en bon mentor, en lui faisant faire le tour du monde. J'ai eu un temps de latence avant de replonger le film. En plus, il est tellement magique qu'il entre à moitié dans un trou d'un tronc, et en ressort à demi autre part : Un chat du comté de Chester (Cheshire cat), tiré d'Alice au pays des Merveilles.

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J'ai l'impression que je suis en train de démolir le film. Pourtant, j'ai tout de même été enchanté. La toute dernière sous-intrigue, qui clos le film, c'est Coraline qui doit détruire la clef de la porte. L'opposant, c'est la main de la sorcière. Elle va devoir placer la clef dans un endroit que la sorcière ne connait pas : le puits qui est découvert au début du film. Ces scènes sont superbe. Le film est superbe.

Enfin, voici le trailer :


Coraline - Bande-annonce VF

 

* voir l'adresse : http://www.dreadcentral.com/reviews/coraline-script(anglais)

Posté par tomthomas à 19:03 - films - Commentaires [0] - Permalien [#]
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